Voyage dynamique ! Nous sommes 17 à nous lever à 4h du matin, pour un départ de Saint-Exupéry à 7h30, une arrivée à l’aéroport de Bucarest à 13h. On saute dans le car et on se dirige vers notre premier monastère ! Dont nous parlerons plus tard.
Notre voyage en Roumanie s’est déroulé du 22 au 29 septembre 2019, du sud au nord-ouest à travers la Valachie, la Transylvanie, Maramures et du nord-est au sud, à travers la Moldavie-Bucovine, Transylvanie du sud et enfin Bucarest.
Nous avons pu apprécier la diversité de ce pays et le respect de chaque ethnie. Le passé tourmenté de ce pays au carrefour des Balkans et de l’Orient, invasions multiples, explique la présence encore de nos jours de plusieurs ethnies comme les Hongrois, les Gitans, ou des vestiges laissés par les Saxons. Les Roumains dans leur grande majorité revendiquent des ancêtres romains d’où leur langue d’origine latine qu’ils ont su préserver malgré les nombreuses dominations, empire austro-hongrois, les Saxons et les Ottomans.
Notre première découverte est Cuerta de Arges, ancienne capitale de Valachie.
Nous visitons le monastère construit entre 1512 et 1517, devenu la nécropole des souverains roumains (Carol 1er, Ferdinand, et Carol 2). On peut admirer de magnifiques colonnes et des murs décorés dont l’opulence dépasse l’inspiration byzantine. A côté on trouve le nouveau monastère où ont été transférés les tombeaux des rois de Roumanie.
Nous poursuivons notre voyage dans la vallée verdoyante de l’Olt et visitons le Monastère de Cozia, encore une merveille avec ses peintures extérieures du 15ème.
Après le patrimoine, le sport en calèche à Sibiel ! (petit Sibiu). Il fallait se cramponner mais au bout du chemin on savait que l’eau de vie de prune nous remonterait l’estomac !!! Revenons aux choses sérieuses, la visite du musée des icônes peintes sur verre par des paysans roumains. Magnifique ! Naïfs et touchants.
En Transylvanie du sud nous avons découvert les villages construits par les Saxons, maisons bien alignées, formes identiques, colorées, un portail assez haut pour laisser passer les charrettes de foin, des cités saxonnes médiévales comme Sibiu, avec son mur d’enceinte et ses trois tours du 16ème siècle, la ville haute et ses petites places, ses belles demeures d’artisans au-dessus d’arcades. Sibiu était la capitale culturelle des villes saxonnes. Beaucoup de maisons ont une particularité, leurs toits « voyeurs » avec des lucarnes sur les toits en forme d’yeux. Cette ville a aussi un nom allemand Hermannstadt.
Autre ville saxonne médiévale, plus au nord, Sighisoara, ou Schlaessburg en allemand ou Seghesvar en hongrois (les Roumains mettent actuellement souvent les 2 noms, roumain et hongrois, sur les panneaux des villes). Vieux beffroi, rues pavées, maisons ventrues aux couleurs pastels, il ne manque rien à cet étonnant décor médiéval, pas même l’ombre menaçante de Dracula.
En effet Vlad III, surnommé Tepes, (l’Empaleur) qui a inspiré la légende de Dracula est né ici. Nous avons déjeuné dans son restaurant !
Dans cette région marquée par les Saxons nous avons vu des églises fortifiées, soit elles-mêmes soit entourées d’un mur de fortification pour se protéger des invasions.
La plus belle du Pays est celle de Biertan, construite au 15ème siècle. Elle hébergea l’évêché luthérien entre 1572 et 1867. On y accède par un escalier couvert en bois.
Nous continuons vers Targu Mures, ville bilingue roumain hongrois. Les bâtiments du centre revêtent un style Habsbourg, presque flamboyant. Nous visitons le Palais de la culture 1913.
Le principal intérêt vient de sa décoration intérieure qui se réfère à la mythologie des Szeklers. La salle des miroirs est surtout intéressante par ses vitraux qui représentent les ballades tragiques des Szeklers.
Nous arrivons dans la région appelée Maramurès, nord-ouest, où nous allons découvrir des petits villages Ieud et Bogdan Voda dans une zone très agricole, essentiellement des pâturages verdoyants. Ils cachent des chefs d’œuvre d’Art Populaire, les églises en bois. Le bardage en bois est de toute beauté et magnifique de régularité. A l’intérieur, des peintures assez naïves sont également remarquables et assez bien conservées. On a eu la chance d’avoir les explications d’un pope passionné par son patrimoine.
Nous allons ensuite déjeuner dans une maison roumaine, disons de la classe moyenne. Nous avons été accueillis par un groupe d’enfants en habits traditionnels roumains. Ils ont chanté et dansé pour nous. Le repas fût bon et sympathique.
Arrêt au village de Ciocanesti pour admirer les maisons aux façades décorées, règle imposée par le Maire qui a sans doute un sens inné des affaires touristiques ! Vaut le détour.
Nous continuons vers la Moldavie-Bucovine, la zone de Roumanie la plus riche en Monastères.
Et quels monastères ! Avec des peintures extérieures, la plupart très bien conservées et classées au Patrimoine de l’Unesco comme celles du Monastère de Voronet. Sur la façade ouest nous découvrons « le jugement dernier ». Des peintures intérieures également magnifiques font dire à certains que c’est la Sixtine de l’Orient. Toutes ces beautés ont été commandées par Étienne Le Grand (règne1457-1504 Prince local) en 1488.

Nous visitons aussi le Monastère de Moldovita, construit en 1532 par le fils d’Étienne, Petru Rarès. Dès la porte d’entrée, les couleurs vives de l’abside captent l’attention. A l’extérieur la prière de tous les saints et sur la paroi sud un arbre de Jessé aux couleurs vives signent la beauté des églises des monastères de la Bucovine. Nous sommes éblouis par l’originalité et la qualité de ces peintures.

Nous poursuivons par la visite d’un musée d’œufs peints, aménagé dans une maison typique de la Bucovine à Vama, 3000 pièces de tous pays, intéressant et original.
Dans le village de Tarpesti nous découvrons un sculpteur local, Nicolae Popa, reconnu à Paris et dans le monde. On peut parler d’Art Primitif. Son jardin est décoré de sculptures sur bois, personnages ou animaux. A l’intérieur des masques rituels impressionnants.
Un spectacle folklorique et traditionnel a été la surprise du jour !! Les acteurs tous bénévoles ! Et amateurs mais très pros ! Nous avons vécu un très grand moment à la gloire des volontaires de 3AFL…En effet le spectacle totalement improvisé a été réalisé par quelques-uns d’entre nous sous les camera des non-participants qui étaient « morts » de rire !!! Merci Syltours ! On a bien ri….
Départ matinal pour les Carpates, les gorges de Bicaz, le lac rouge, pas rouge !, mais bien vert perdu dans la nature.
Nous arrivons à Brasov, cité fondée par les Saxons qui emboîtaient le pas aux chevaliers teutoniques au XIIIème siècle. Elle devint une cité prospère, siège d’une grande foire, une cité d’artisans et de négoces. Une belle place centrale reflète ce passé commercial et sa richesse, dominée par l’église noire.

Nous arrivons enfin au Château de Dracula ! Le château de Bran, édifié au XIVème siècle par les marchands saxons. Il a appartenu au Prince Vlad, l’empaleur qui a inspiré l’auteur du personnage Dracula. Depuis, cette légende est exploitée par les actuels propriétaires, descendants de la Reine Marie qui en fit sa résidence secondaire en 1920. Ils ont flairé l’intérêt touristique et donc le business de ce site. C’est un très beau site et un château intéressant à visiter, perché sur son rocher.
Nous terminons la journée par la visite de « la perle des Carpates » le château de Peles, construit entre 1875 et 1914 par le Roi Carol 1er (Charles de Hohenzollern-Sigmaringen) comme résidence d’été, perchée à 900 m, entourée d’un immense parc et magnifique jardin. L’intérieur offre une variété de styles où domine l’influence allemande néo-renaissance avec des touches italianisantes ou baroques.
Nous terminons notre voyage par la Capitale Bucarest. Un tour de ville en car nous a permis de voir les principaux monuments autour de la Place de la Révolution, comme le Musée National d’Art de Roumanie, l’Athénée salle de concerts, la Maison du Peuple ou Comité central du parti communiste.
La rue principale est l’avenue de la Victoire qui mène à la place de la Révolution.
Le soir, nous débarquons en bus au cœur médiéval de Bucarest qui constituait un centre de négoce dynamique.
Le centre historique est vivant et gai avec ses cafés, ses restaurants et ses boutiques. Nous dînons dans une auberge en brique à la belle architecture ; le service est vite dépassé par un trop grand nombre de touristes. On est loin du calme de la campagne roumaine !
Le lendemain, visite du Palais du Parlement : ce qui frappe en 1er c’est la démesure ! Construit entre 1984 et 1989, mobilisant 400 architectes et 20000 ouvriers, épuisant les ressources du pays. Son auteur Ceaucescu a été arrêté et exécuté avant de l’avoir inauguré. C’est devenu le Palais du Parlement et salons d’exposition ou de conférences.

Notre voyage se termine en apothéose à Francfort où l’avion ne nous a pas attendus pour la correspondance ! Nous passons une nuit à Francfort, bien courte de 23h30 à 5h30 sans peigne, rasoir, crème rajeunissante… !!! Une brosse à dents nous a été fournie par l’hôtel. Nous sommes arrivés le lendemain vers 11h à Lyon, très contents de notre voyage et tristes de quitter nos nouveaux amis…