Les pentes de la Croix-Rousse (Lyon)

« Sur les traces des couvents disparus »

sortie du jeudi 12 octobre 2023

Nous sommes 23 à nous retrouver par une matinée automnale au pied du Gros Caillou, symbole du quartier de la Croix-Rousse. Nicolas Jacquet est notre guide.

Avant leur spécialisation pour l’industrie de la soie, les pentes de la Croix-Rousse abritaient de multiples couvents, institutions de charité chrétienne qui caractérisent le territoire et l’identité de cette autre « colline qui prie ».

Au Moyen-Age, la ville de Lyon s’arrête vers les Terreaux. La montagne Saint-Sébastien, dont les pentes et le plateau sont consacrés aux cultures et en particulier la vigne devient la Croix-Rousse vers la fin du 16ème siècle. C’est une croix en pierre de Couzon, au teint ocre qui aurait donné son nom au territoire avant son rattachement à Lyon.

L’urbanisation canut et soyeuse du début du 19ème siècle s’est établie sur le tracé de ce passé foncier, conservant quelques vestiges, églises, escaliers, arcades de cloîtres. C’est à partir des années 1810 que la municipalité commence à faire réaliser un plan d’alignement des maisons pour uniformiser les largeurs des rues. Auparavant la plupart des rues étaient du domaine du privé. Lire Josette Barre, spécialiste de la géographie urbaine.

Le couvent des Bernardines, une ancienne abbaye de cisterciennes est implantée dans la montée Saint-Sébastien à partir de 1642. Il sera dissolu à la Révolution et vendu à un négociant en soieries Jean Baptiste Willermoz. Durant le Second Empire, ses héritiers font don du terrain des Bernardines pour la construction d’une église paroissiale et devient l’église Saint-Bernard.

Le couvent des Colinettes – ce nom vient de la famille de Colignyou couvent Sainte-Elizabeth. Lesreligieuses s’installent en 1665 et seront chassées en 1792. Les bâtiments sont utilisés comme caserne et deviendront un hôpital militaire en 1859. Il prend le nom de Villemanzy. En 1945 déclassé comme hôpital, il devient une annexe de l’Ecole du Service de Santé, puis en 1980, le bâtiment est cédé à la ville de Lyon. Le cercle Villemanzy est converti en résidence internationale, la terrasse en jardin public et la maison en angle en restaurant panoramique.

L’église Saint-Polycarpe est une ancienne église des Oratoriens qui vivent sur les pentes de la Croix-Rousse en 1642. Cette église dominait la ville. En 1791 elle devient paroissiale et prend le nom de saint Polycarpe en hommage au maître à penser des deux premiers évêques de Lyon, saint Pothin et saint Irénée.

Le couvent des Capucins s’établit en 1627 sur une propriété appartenant à Jean de Foreys. L’emplacement de ce couvent a été en partie recouvert, depuis, par la Condition des Soies et la place du Petit Foreys, devient place du Forez.

Voisines des Capucins, les Ursulines. Cette congrégation destinée à l’éducation des jeunes filles s’installe à partir de 1612 sur les Pentes. Le jardin des Ursulines s’étendait de la rue Romarin à la place Croix-Paquet.

Le couvent des Feuillants, ceux-ci vivant de mendicité arrivent à Lyon en 1619. En 1791, le domaine est vendu comme bien national. On peut admirer un escalier du 17ème siècle. La cour des moirages, auparavant le cloître du couvent des Feuillants dont elle garde les arcades fut acheté par John Bagder, Anglais qui introduit à Lyon le « moirage », technique textile consistant à écraser le tissu à certains endroits pour faire apparaître des reflets.

Tous les ordres religieux ont été représentés à Lyon. Cette ville fut un passage obligé entre Paris et Rome.

Sa prospérité fut inégalée à la fin du Moyen-Age et à l’aube des temps modernes.

Puis, nous nous retrouvons pour déjeuner au restaurant, La Cuisine 9, rue Saint-Polycarpe – Lyon 1er