Les Brotteaux – Art Nouveau, Art Déco

jeudi 12 septembre 2024

Sous la municipalité d’Edouard Herriot, au début du 20ème siècle, le quartier de la gare des Brotteaux et le boulevard des Belges surgissent à l’emplacement d’un fort militaire, touche finale de l’aménagement d’un quartier lyonnais « chic » et moderne à la parisienne. C’est la Belle Epoque, le temps de l’Art Nouveau, auquel succède la géométrie de l’Art Déco après la rupture de la Première Guerre mondiale. C’est surtout l’invention de l’immeuble moderne avec l’apparition du confort, de l’ascenseur et de la modernité par la systématisation du ciment armé qui révolutionne l’architecture.

C’est ce que va nous expliquer Nicolas Jacquet, notre guide.

La gare des Brotteaux, commandée en 1904 par la Compagnie de chemin de fer du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) a été édifiée entre 1905 et 1908. Elle est construite sur le modèle de la gare d’Orsay et aura un rôle secondaire réservée à une clientèle de « luxe », la gare principale étant Perrache, inaugurée en 1857. La gare des Brotteaux sera fermée en 1983 par la SNCF suite à l’arrivée du TGV et deviendra monument historique en 1982.

En raison du surpeuplement de la presqu’île et du développement industriel de la Guillotière, le quartier des Brotteaux commence son urbanisation au 19ème siècle. Les projets d’aménagement se multiplient et un nouveau quartier commence à prendre forme autour de la gare et du boulevard Jules-Favre, délimité au sud par le boulevard des Brotteaux et au nord par le boulevard du Nord (aujourd’hui boulevard des Belges). Plusieurs rues sont percées. Les premiers immeubles bourgeois font leur apparition. L’Art Nouveau et l’Art Déco s’expriment sur les façades des immeubles. Le premier étage, alors étage noble, est délaissé pour les étages supérieurs à cause des nuisances sonores liées à l’automobile. C’est l’apparition de l’ascenseur.

Face à l’ancienne gare des Brotteaux, l’hôtel Pialat, construit en 1911, aujourd’hui Mercure, est de style Art Nouveau, de style floral FFF (femme, faune, flore).

Aujourd’hui des commerces, tels que la brasserie des Brotteaux qui a conservé sa marquise aux griffons.

Des immeubles Art Déco, avec son penchant pour les lignes droites et motifs géométriques est largement représenté à Lyon : l’hôtel PLM Lugdunum a été construit entre 1920 et 1924. Le Palais de Flore, à l’époque un des plus hauts immeubles de France, date de 1930. On distingue sur les toits les fameuses coupoles en forme de casques anglais.

Le central téléphonique Lalande (1927) est caractérisé par ses bas-reliefs « palmiers », lien vers l’ailleurs : l’empire colonial. Son architecte, Ch. Messon, est l’architecte de la ville de Lyon.

Egalement des usines, à l’image des textiles Voiron-Chartreuse (aujourd’hui Maison de l’enfance) avec sa remarquable coupole en béton et ses pavés de verre – rue Waldeck-Rousseau.

Puis on pénètre à l’arrière du boulevard des Brotteaux. Ce sont des immeubles faubouriens où vivent les classes laborieuses, des petits artisans. De nombreuses personnes venant des campagnes vont venir s’installer dans ces quartiers.

Au début du 20ème siècle, les Brotteaux deviennent une vitrine : l’Art Nouveau et l’Art Déco signent l’irruption de la modernité. En explorant ce territoire, nous avons découvert la richesse patrimoniale des plus beaux immeubles ainsi que la population de cette époque.

Martine Fumex