Balade contée de Caroline Bertrand Thoulon « les bourreaux de Lyon »

mercredi 22 avril 2026

Cette balade menée avec brio par Caroline Bertrand Thoulon, a captivé les 26 personnes présentes.

Nous démarrons l’histoire à l’abbaye d’Ainay, quartier Ampere

Saviez-vous que les bourreaux ont sévit en France de 1530 à 1981 ?

Un bourreau devait être un bon chrétien et porter et un habit rouge sang de bœuf pour permettre de le reconnaitre aisément dans la rue. Un logement gratuit est mis à sa disposition à l’écart de la ville, et cet « exécuteur des hautes œuvres » bénéficie également du droit de havage : le droit de s’approprier gratuitement des denrées auprès des commerçants. Ce droit de havage sera supprimé à la révolution. Certains bourreaux vivent très bourgeoisement.

Le bourreau se charge de tous les supplices corporels : bûcher, roue, écartèlement, pendaison pour les roturiers et guillotine pour les nobles.

La charge de bourreau était héréditaire, à minima dans la famille et de véritables dynasties vont naitre.

Un bourreau pouvait épouser une femme condamnée à mort qui échappait ainsi à sa peine

En 1746, une histoire extraordinaire circula en ville. Monsieur Henri, l’exécuteur en chef que les juges de la ville avaient provisionné trois ans plus tôt, n’était pas ce qu’il semblait être. Ils n’y avaient vu que du feu, le bourreau était une bourrelle. Oui, oui, vous m’avez bien entendu, Monsieur Henri, l’exécuteur en titre était une demoiselle qui s’était travestie !  La demoiselle s’appelait Marguerite Le Pestour. Elle n’était pas lyonnaise, elle venait de Bretagne, de l’autre côté du Royaume… »

Une bourrelle va sévir à Lyon pendant 3 ans sous le nom de M. Henri, avant d’être démasquée !

En 1792, la première guillotine arrive à Lyon, en pièces détachées et sans notice de montage !

Elle va être déplacée sur plusieurs endroits, des terreaux à la place Carnot.

En 1871, la charge des 83 bourreaux de Provinces est supprimée, désormais seul le bourreau de Paris sera compétent pour toute la France.  La guillotine se fait plus discrète, finis les rassemblements populaires et les mises en scènes, les exécutions ont lieu à l’aube et à même le sol puis à partir de 1939, dans les prisons.

Nous terminons la balade à l’ancienne prison saint Joseph, vers la place des archives derrière la gare de Perrache

Le dernier exécuté Christian Ranucci en 1976, le dernier bourreau Marcel Chevalier dont la carrière prend fin en 1981 après l’abolition de la peine de mort grâce à Robert Badinter.

Ceci n’est qu’un bref résumé de cette passionnante balade !

Nous avons terminé cette matinée culturelle au restaurant la Maison Léa par un excellent déjeuner.

Au plaisir de vous retrouver pour une prochaine balade, sans doute au printemps 2027, sur Lacassagne, célèbre médecin légiste.

Texte de Joane Arquilliere