jeudi 18 juin 2026
Venus du Rhône, de l’Isère et de l’Ardèche,16 pèlerines et pèlerins se sont donnés rendez vous ce 18 Juin dans le massif de la Chartreuse appelé au début du millénaire précédent le Grand Désert.
La journée fut un subtil mélange entre plaisirs épicuriens et temps de réflexion et de contemplation. Mais avec un dénominateur commun: L’Ordre Séculaire des Moines Chartreux.
Le matin nous a emmené à VOIRON pour la visite des caves de chartreuse, liqueur savamment élaborée à travers les siècles par les moines qui en gardent jalousement le secret. Ce secret passe de générations en générations et seuls 3 moines en connaissent la composition exacte. Pas de dépôt de brevet ni de formule gardée dans les coffres : un grimoire datant du 17ème siècle tient lieu de recette.
On y comprend que les moines et l’Ordre ne recherchent pas le profit qu’ils seraient pourtant en droit d’attendre. En revanche, ils ont développé depuis 300 ans de redoutables outils et stratégies marketing pour faire d’un breuvage très local, une boisson internationalement recherchée. Leur seul objectif est de subvenir aux moyens des communautés chartreuses à travers le monde et d’aider les pauvres. On a compris aussi que l’histoire des moines Chartreux et de leur élixir a été passablement chahutée à travers les âges en étant les témoins de leurs époques et des soubresauts de l’Histoire de France.

Après un déjeuner délicieux mais peut être peu adapté à la canicule environnante, l’équipée est montée vers le Monastère de la Grande Chartreuse (qui ne se visite pas ) et sa base avancée, la Correrie, où se situe le Musée.




Dés notre arrivée, accueillis par un fond musical de chants des Chartreux, on plonge dans les fondements qui régissent cet Ordre rigoriste : le silence et la solitude professés par Saint Bruno le Père fondateur au 11ème siècle.
On y découvre les mécanismes du développement des Chartreux à travers les siècles en France, en Europe et dans le monde, leur formidable adaptabilité aux exigences de leurs époques et leur capacité à rebondir pour assurer leur survie, la fabrication et la distribution de la liqueur en étant le dernier et formidable élément.
On y apprend enfin la vie très austère des moines et leur parcours initiatique long et contemplatif. Là ou il y a 2 siècles vivaient 1500 moines il en reste aujourd’hui 30 âgés entre 21 et 82 ans parmi lesquels nos 3 gardiens du Grand Secret.


A la Correrie, on prend soudain conscience d’une forme d’éternité là où nous vies trépidantes nous amènent parfois à ne regarder que l’immédiat.

Denis Lecocq