jeudi 10 septembre 2026
Dès l’arrivée devant le site nous sommes saisis par la puissance du fleuve Rhône. Le barrage se trouve au fond d’une vallée préservée, à une trentaine de km en amont du Lac du Bourget. L’installation comporte aussi la centrale directement adossée au barrage, deux évacuateurs de crue, et le poste de transformation pour la distribution sur le réseau.






Nous sommes accueillis par une guide-conférencière et notre visite commence en salle par une présentation axée sur l’histoire et la CNR dans son ensemble.
L’intérêt de l’hydroélectricité a déjà été démontré à la fin du XIXème, en particulier par Aristide Bergès. La Houille Blanche a fait son salon à Grenoble en 1925. Le cours du Rhône attire tout naturellement l’attention pour des projets d’aménagements.
La construction du barrage, décidée en 1934, a traversé la période de la guerre, et s’est terminée en 1948, après 11 ans de travaux colossaux. La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) a été créée pour cette occasion avec à sa tête Edouard Herriot et Léon Perrier.
A sa mise en service c’est la plus puissante centrale hydroélectrique d’Europe. En 1948, après la création d’EDF, CNR a obtenu une concession pour 75 ans d’exploitation. A ce jour la concession a été prolongée jusqu’en 2040.
Notre guide nous explique la mission de la CNR : la valorisation du cours du Rhône avec la production d’électricité, mais aussi la navigation avec des ports, des écluses, et enfin l’irrigation des terres agricoles. Elle représente aujourd’hui 20 barrages et centrales, mais aussi des parcs éoliens et du photovoltaïque. Nous lui devons également le port de Gerland.

Après avoir admiré le barrage, nous partons visiter la centrale située en aval à la base du barrage.
Fini les photos, dommage ! Une porte presque majestueuse nous rappelle le nom du fondateur Léon Perrier. La salle des turbines ne l’est pas moins : en arc de cercle pour suivre la forme du barrage, avec un escalier double et un balcon d’honneur au centre, de la pierre polie du Bugey sur les murs (on dirait du marbre), mosaïque de carrelage au sol… et peinture bleu-blanc-rouge uniquement !
Le barrage est du type poids et la hauteur de chute de 67m, dans une canalisation de 5,5m de diamètre. La puissance vient du débit du Rhône, 1700m3/h. Au total 6 fois 70MW.
– nota : pour ceux qui le souhaitent de nombreuses données techniques sont disponibles sur la page Wikipédia –
Les 6 turbines Francis ne fonctionnent pas toutes en permanence mais sont pilotées à distance à depuis Lyon. Elles sont quasiment identiques à celles d’origine. Nous avons eu la chance de voir une turbine toute neuve prête à remplacer une ancienne bien usée. Mais en moyenne il y a peu de maintenance et peu d’améliorations. Tout était « très bien conçu » dixit notre guide !


Nous ressortons enchantés et plein de questions fusent. La visite aurait pu durer 1h de plus …
Direction le restaurant choisi dans l’urgence après la fermeture de celui de Génissiat où nous avions réservé. Merci Paulette ! Bien accueillis et copieusement nourris nous voilà repartis sur des petites routes pour redescendre sur les berges du Rhône.
Nous découvrons des caves, creusées dans les falaises des gorges, utilisées pour l’affinage des fromages des environs. Nous avons fait le plein de comté, de tome de Savoie, Reblochon, bleu de Gex, Morbier .
photos




Puis, passage sur l’autre berge du Rhône et petite promenade digestive vers une cascade un peu spéciale : elle a créé un « pain de sucre ».


Et enfin pour ceux qui le souhaitaient et pour bien terminer la journée : dégustation dans une cave des vins régionaux.
