17 mars 2015
Reconnaître les façades d’une ville selon les époques requiert le sens de l’observation. Rien ne vaut une promenade commentée.
N’oublions pas que jusqu’au 19ème siècle, la seconde ville de France n’avait pas encore traversé le Rhône, fleuve inaccessible, sauvage et instable aux crues dévastatrices.
Et rappelons que jusqu’aux travaux de la fin du 18ème siècle, engagés pas l’ingénieur Perrache, la presqu’île se terminait au sud au niveau de la basilique d’Ainay.
Durant près de trois siècles, on vit serré à Lyon.
Tout commence à la fin du Moyen Age et le développement des foires franches. Les premières constructions ne dépassaient généralement pas deux étages. Sous la pression foncière, les édifices furent surélevés puis reconstruits ; trois étages supplémentaires transformant le paysage urbain. Les ouvertures des fenêtres souvent en continu accentuent la verticalité des façades. Une particularité des façades des immeubles lyonnais : être munies de stores.
Au 17ème siècle la suppression des meneaux et des traverses se systématisa. Stores intérieurs et stores extérieurs ; ces derniers se nomment « jalousie ». La jalousie est pratique et fonctionnelle, adaptée aux façades étroites de Lyon ce qui explique que cette tradition perdure jusqu’à nos jours – en suivant la modernité. La jalousie préserve l’intimité des appartements ouverts sur la rue.
Les façades des immeubles lyonnais n’ont pas pour tradition d’être très richement ornementées. Mais le début du 19ème siècle marqua le goût et la mode du romantisme ; le décor des façades s’ouvrit à une nouvelle expressivité, frises et cartouches, arabesques, médaillons, art floral succédant au classicisme rigide de l’époque napoléonienne.
Sous le Second Empire, ce fut la mise en œuvre des grands travaux de réaménagement de la Presqu’île entre Bellecour et les Terreaux.
A Lyon l’urbanisme ne procède pas d’une homogénéisation paysagère, les immeubles conservent une certaine singularité marquée par l’élancement et le jeu rythmique des baies rapprochées, les façades animées par une très riche ornementation.
Cette balade nous a permis d’explorer, de la place des Terreaux à celle des Jacobins, les éléments architecturaux et historiques souvent méconnus.
Certains extraits proviennent du livre « les façades lyonnaises » de Nicolas Bruno Jacquet
Après cette visite de près de trois heures, nous avons déjeuné place Gailleton au restaurant « le Vivarais ».